1ère mi-temps : Le réalisme bastiais face à la crispation niortaise
La joute débute dans la fébrilité pour Bastiais et Niortais. Leurs échecs respectifs récents y étant pour quelque chose. Les 3 500 spectateurs du Stade Armand-Césari assistent à un premier gros quart d'heure placé sous le signe de l'hésitation entre des Bastiais le ventre en peur, très loin d'exercer le pressing envisagé dans les vestiaires et que l'on pouvait attendre d'eux ; et des Niortais tout aussi timorés, se contentant de quelques balles ratissées ici où là par Périatambée et Bouard, les deux têtes de pont de l'entrejeu. En panne sèche d'impact et d'inspiration, les bleus et blancs n'inquiètent que très (trop) peu Ejidé.
A ce petit jeu-là, les Corses vont déboulonner le coffre niortais. Déjà prévenue par une alerte signée Camadini sous forme d'une frappe enroulée très proche des buts de Klein (18'), notre défense cède une minute plus tard. Sur un long dégagement de la défense bastiaise presque anodin, Mendy , étrangement isolé, récupère le ballon, s'infiltre dans la surface et décoche une frappe du droit qui trompe la vigilance de Klein (19'). Bastia 1 – Niort 0. Cette ouverture a le mérite de décoincer une rencontre jusqu'alors terne et sans saveur. Mais a-t-elle un impact positif sur le groupe niortais ? Réponse : du mieux en tout cas.
Gonzalez, en bon pasteur, montre la voie : sa déviation de la tête pour Leroy est intéressante, mais ce dernier est repris dans la surface par Maire attentif (22'). Une poignée de minutes plus tard, Leroy s'essaie cette fois-ci sur un tir lointain ras de terre mais ne prend pas à défaut Ejidé et ses mains fermes (33').
Les deux actions suivantes sont plus convaincantes : coup franc de Leroy pour la tête de Bouard qui frôle les buts bastiais (35') ; puis Leroy, une nouvelle fois, bien servi par Vincelot, évite la sortie du gardien corse mais son tir lobé trouve Jarjat sur sa trajectoire, qui dégage en catastrophe (45'). Bien dommage à ce moment clé du match ! Surtout, lorsque, dans la foulée, votre adversaire, sur sa deuxième occasion, vous assomme par un second but. Opportuniste André (le rentrant !) totalement démarqué et reprenant magistralement du gauche suite à un centre de Cherrad (45' + 1). Bastia 2 – Niort 0 : 100% de réussite côté bastiais avec 2 occasions – 2 buts. Pour Niort, c'est aussi un « 2 » synonyme d'un deuxième coup de massue, au terme d'un premier acte ne reflétant pas un score si ample. Le terme « efficacité » résume ces 45 minutes. Elle est bastiaise et ne rime pas vraiment avec niortais.
2ème mi-temps : Efficacité, quand tu ne nous tiens pas...
Peu de questions à se poser au retour de la mi-temps. La mission est simple et le sujet clairement posé : pousser pour revenir rapidement au score en ce début de seconde mi-temps. Comme contre Caen, sauf que cette fois le passif est plus conséquent. D'ailleurs, Philippe Hinschberger met tous les moyens de son côté en faisant rentrer Rivière à la place de Bouard (le duo d'avants était composé d'Obiorah et de Leroy).
Il en résulte un bon « second » départ qui aurait dû porter du fruit, si le mot « inefficacité » n'avait pas voulu jouer les prolongations. D'abord sur cette tête de Chapuis pour Gonzalez, lancé dans le dos de l'arrière-garde bastiaise : duel franco-nigérian qui tourne à l'avantage du portier africain (48'). Ensuite, sur cette bourde de Maire qui atterrit dans les pieds de Gonzalez, une nouvelle fois face à Ejidé, pour la « revanche ». Claquette du Nigérian. Ejidé 2 – Gonzalez 0, copie conforme du tableau d'affichage.
Niort a provoqué la chance mais n'a pas su s'en saisir. Les Bastiais, eux, ont fait le dos rond pendant une dizaine de minutes et refont surface. Niort joue haut, Bastia guette le contre. Scénario idéal pour les insulaires. Cherrad s'y emploie : par une première frappe brossée qui rase le poteau de Klein (67'), puis sur une seconde plein axe – à l'origine d'un mauvais dégagement de Fradin – bien cadrée, pleine lucarne, qui fait mouche (71'). Bastia 3 – Niort 0.
Belle leçon de réalisme très mal apprise côté chamois, qui se transforme en vraie correction à la 80' avec le but de Gomez d'un tir de 20 mètres à ras de terre. Bastia 4 – Niort 0.
La réduction du score par les Niortais relève presque de l'anecdote, le mal est fait et la messe est dite. Chapuis sauve l'honneur d'un bon coup de tête, trompant enfin la vigilance d'Ejidé (87').
Un constat amer bien évidemment avec cette inefficacité récurrente qui se double d'une grande fébrilité défensive dont Cherrad and Co s'est joué à merveille.
Sans être transcendant, les Bastiais avaient au moins une corde de plus à leur arc, celle du réalisme. Les Chamois repartent avec une lourde valise et des bleus au c½ur de l'île de Beauté, qui n'avait pour eux que le nom Vendredi dernier.
Du pain sur la planche attend Philippe Hinschberger et ses hommes toute cette semaine afin de retrouver les bons automatismes égarés sur l'île et très vite bienvenus sur le continent au coup d'envoi 20h00 ce vendredi contre les grenats messins qui voient plutôt la vie en rose. Les Chamois n'ont pas eu complètement l'Alsace, on espère qu'ils auront la Lorraine...Beau challenge à relever !
La feuille de match
A Bastia (9e journée de L2), stade Armand-Cesari,
SC Bastia bat Chamois Niortais FC : 4-1.
Temps doux. Mauvaise pelouse.
Mi-temps : 2-0.
Arbitre : Gael Lecellier.
3.500 spectateurs environ.
Les équipes
BASTIA : Ejide,-Marester, Jarjat, Maire, Bridonneau - Barthélémy (G. Coulibaly, 72e), Gomez, Camadini (Ghisoli, 50e), Mendy, - André (cap), Cherrad (Conombo, 74e).
Entr. B. Casoni. Non entrés en jeu : Leca (G), Ben Saada.
NIORT : Klein, - Vincelot, Chapuis, Cellier (Konaté, 46e), Ferrier,- Gonzalez, Périatambée, Bouard (Rivière, 56e), Fradin (cap),- Obiorah, B. Leroy (Biger, 73e). Entr. Ph. Hinschberger. Non entrés en jeu : Pontdemé (G), Seidou.
La discipline
Avertissements : à Bastia, Barthelémy (26e, jeu dur sur Chapuis), Cherrad (52e, antijeu) ; à Niort, Vincelot (51e, tacle sur Cherrad).